Une fois de plus, la Suisse est loin d'atteindre l'objectif internationalement convenu de 0,7 % du revenu national brut (RNB) pour la coopération internationale. Les chiffres relatifs à l'aide publique au développement (APD) publiés aujourd'hui par l'OCDE montrent qu'en 2025, elle n'a consacré que la moitié de l’objectif fixé par l’ONU.

Avec la suppression de USAID par le président américain Donald Trump, la coopération internationale est en chute libre. Malgré un excédent budgétaire prévu pour 2025, la Suisse continue elle aussi de réduire ses dépenses. Et cela, précisément à un moment où de nombreuses catastrophes humanitaires liées aux crises et aux conflits s’aggravent.

Le Conseil fédéral et le Parlement ne tiennent pas compte de l’avis de la population

La nouvelle réduction des dépenses de coopération au développement à 0,36 % (chiffre arrondi) du RNB va également à l’encontre des opinions de la population suisse. Selon un sondage représentatif de l’ETH publié aujourd’hui, les trois quarts souhaitent que les dépenses de coopération au développe­ment restent inchangées ou soient augmentées.

En 2025, la Suisse n’a même pas atteint l’objectif de 0,5 % du RNB consacré à la coopération internatio­nale, inscrit dans le programme de législature. « Dans le contexte international actuel, une chose est claire : la Suisse doit viser l’objectif de 0,7 % dès que possible », déclare Laura Ebneter, experte en coopération internationale chez Alliance Sud, le Centre de compétence pour la coopération internatio­nale et la politique de développement.

Des investissements supplémentaires sont possibles

La Suisse rejoint le cercle des pays donateurs qui financent leur réarmement militaire au détriment de la coopération internationale. Même si le Conseil fédéral ne cesse de le nier, la Suisse a les moyens d’investir davantage dans la coopération internationale : d’une part, elle n’a absolument aucune raison de faire des économies, et d’autre part, la Confédération pourrait sans problème générer des recettes supplémentaires. « Les débats sur le paquet d’allègements fiscaux 27, en réalité inutile et néfaste, ont montré que la Suisse ne pourra pas faire l’économie de recettes supplémentaires socialement équitables », déclare Andreas Missbach, directeur d’Alliance Sud.

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