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Des milliers d'emplois en Suisse sont précaires, avec des salaires très bas, des contrats de travail incertains et une protection insuffisante. À l'occasion de la Journée mondiale du travail décent, le 7 octobre 2025, nous nous sommes tourné·e·s vers le syndicat Unia : qu'en est-il du travail décent en Suisse ? Hans Hartmann, adjoint au Secrétariat de la présidence d’Unia, nous a répondu.

3. Quel rôle joue le travail décent dans la lutte contre les inégalités sociales en Suisse ?

En Suisse, la répartition des richesses est extrêmement inégale. Dans ce contexte, la sécurité de l’emploi et les salaires jouent un rôle essentiel pour la majorité de la population. Si les tensions sociales peuvent être contenues, c’est parce que les syndicats ont réussi, au début des années 2000, à maintenir une évolution salariale relativement équilibrée. Néanmoins, ces dernières années, l’écart s’est creusé. Tandis que les plus riches battent des records de dividendes, les familles à revenu moyen peinent à payer leur loyer et leurs primes d’assurance-maladie. Si rien ne change, la paix sociale en Suisse sera menacée.

4. Que font les syndicats comme Unia ? Quels résultats ont déjà été obtenus ?

Nous nous battons pour des salaires minimaux dignes, de bonnes conditions de travail et contre le dumping salarial et les abus. Dans plusieurs cantons, nous avons obtenu l’introduction de salaires minimaux légaux. Nous devons sans cesse défendre la loi sur le travail contre les tentatives de déréglementation et avons remporté plusieurs référendums contre l’assouplissement des horaires de travail. Nous luttons également contre les pratiques abusives des grandes plateformes comme Uber, dans la rue et devant les tribunaux. En cas de licenciements collectifs, nous exigeons des plans sociaux ou des solutions alternatives. Surtout, nous négocions régulièrement des améliorations dans les conventions collectives de travail (CCT) qui protègent plus de deux millions de personnes salariées. C’est essentiel : grâce à des milliers de contrôles sur le terrain, nous veillons à ce que ces conventions soient appliquées de manière concrète. 

5. Que peuvent faire les consommateur·trice·s et les citoyen·ne·s?

Les consomateur·trice·s qui en ont les moyens peuvent privilégier des produits issus du commerce équitable ou des services respectueux des droits du travail. Cela ne suffira cependant pas à mettre fin à l’exploitation. Les citoyen·ne·s doivent s’engager pour une législation sociale et du travail, ainsi que pour une politique migratoire et extérieure fondée sur la solidarité. En fin de compte, la justice sociale dépend directement des conditions de travail. C’est pourquoi, chacune et chacun devrait adhérer à un syndicat : c’est la seule manière de défendre ensemble les intérêts du plus grand nombre face au pouvoir grandissant d’une minorité de super-riches.

Le syndicat Unia

L’Unia est le plus grand syndicat de Suisse, comptant environ 170 000 membres. Il représente les personnes salariées des secteurs du bâtiment, de l’industrie, de l’artisanat et des services privés. Le syndicat négocie des conventions collectives de travail (CCT) qui fixent les salaires, la durée du travail et les conditions d’emploi de plus d’un million de personnes actives. Ses membres disposent d’une protection juridique, de conseils personnalisés et d’un soutien en matière de droit du travail, d’assurances sociales ou de formation professionnelle. L’Unia est également active sur le plan politique : elle mène des campagnes, s’engage pour des lois du travail et de la sécurité sociale équitables et défend des améliorations dont profite l’ensemble des personnes salariées.

Vous pouvez agir

Que pouvez-vous faire, à titre individuel, contre la précarité et l'exploitation au travail ? Découvrez cinq conseils simples pour agir en faveur de conditions de travail dignes.

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