Ukraine : 4 ans après, lutter contre l’usure
Depuis maintenant quatre ans, évoquer l’Ukraine revient à décrire une guerre injuste qui s’enlise, au détriment des populations et de leur avenir. Les médias font état de régions conquises, d’infrastructures que les attaques aériennes fragilisent ou de négociations qui jamais ne se concrétisent. Mais derrière cette guerre, la vie de millions de personnes a irrémédiablement basculé depuis l’invasion russe du 24 février 2022. Elles tentent de survivre au quotidien face aux traumatismes, à la perte et au froid glacial. Solidar Suisse les accompagne depuis quatre ans.
L’usure des infrastructures : froid et obscurité
En Ukraine, le réseau électrique est aujourd’hui détruit à plus de 90 %. Face aux attaques aériennes et aux bombardements ciblés, les infrastructures énergétiques agonisent. Le pays affronte également un hiver extrêmement rigoureux et les températures battent des records historiques en tombant régulièrement sous les -20°C depuis décembre 2025. L’électricité est coupée durant des heures ou même des jours et le chauffage ne fonctionne plus pendant de longues périodes. Pour les habitantes et habitants, cela revient à vivre dans des logements sinistrés, protégé·e·s seulement par des couches de vêtements, des couvertures et la chaleur de poêles à bois ou de chauffage d’appoint au pétrole.
L’usure des corps et des esprits : une vie après le champ de bataille
L’Ukraine compte aujourd’hui plus d’1,3 million de vétéran·e·s de guerre, l’un des chiffres les plus élevés depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour ces personnes ainsi que leur famille, revenir du champ de bataille consiste à livrer une autre lutte non seulement physique mais également psychologique. Il faut réapprendre à vivre avec un corps parfois mutilé, surmonter les traumatismes et faire face aux tensions familiales. Il s’agit surtout de retrouver une place au sein d’une société civile peu préparée à les accueillir.

Viktor M., vétéran de guerre grièvement blessé, bénéficie du programme d’accompagnement de Solidar Suisse et de ses partenaires afin qu’il puisse retrouver sa place dans sa famille et au sein de la société.
En collaboration avec des organisations nationales et locales, nous avons mis en place un programme spécial pour accompagner les vétéran·e·s dans leur retour à la vie civile. Le projet est né d’un constat : les épreuves les plus difficiles surviennent souvent lorsque les soins médicaux sont terminés, comme l’atteste Viktor M., vétéran de guerre ukrainien : « C’est après l’hôpital que le plus dur commence, quand vous vous retrouvez seul avec un corps qui n’obéit plus. » Pour faire face à cette réalité, nous proposons un accompagnement global, professionnel et coordonné sous la forme de soutien psychosocial, d’assistance juridique, de protection de l’enfance et de lutte contre les violences basées sur le genre. Ces services sont renforcés par des mesures concrètes telles que des unités mobiles pour les personnes à mobilité réduite, une aide financière pour les besoins vitaux et des activités communautaires pour rompre l’isolement et recréer du lien social.
Nous plaçons la famille au centre de notre action et répondons ainsi aux défis de santé mentale et de protection sociale causés par la guerre. Grâce à ces interventions sur mesure, les vétéran·e·s et leurs proches peuvent reconstruire leurs relations et retrouvent une stabilité, une dignité et un espoir en l’avenir. Comme le confie Viktor : « L’équipe de Solidar Suisse et Right to Protection m’a porté à bout de bras. »
Ce soutien est possible grâce à vos dons et aux contributions d’organisations comme la Direction du développement et de la coopération (DDC) et la Chaîne du Bonheur.
L’usure de la solidarité : agir malgré tout
Solidar Suisse et son équipe sur le terrain n’oublient pas les habitantes et les habitants qui luttent au quotidien pour leur survie face à la guerre. Grâce aux dons, nous pouvons continuer à :
- Fournir des équipements pour que des personnes puissent se protéger du froid glacial.
- Remettre en état des habitations endommagées par le conflit, comme les fenêtres ou les murs fissurés.
- Soutenir les personnes les plus vulnérables, comme les personnes en situation de handicap ou les vétéran·e·s de guerre.
- Prévenir les violences liées au genre par des formations et une sensibilisation à la communication non violente auprès de familles accablées par la guerre.
Ensemble, ne laissons pas la solidarité s’user : continuons à agir pour les personnes frappées par la guerre. Vos dons leur montrent que, même au milieu des décombres, chaque vie compte.
Chaque don compte. Chaque vie compte.
Nous tenons à remercier de tout cœur nos donatrices et nos donateurs qui rendent notre action possible depuis quatre ans. Nous remercions également l’équipe de Solidar Suisse sur le terrain et nos partenaires en Ukraine, qui continuent chaque matin de s’engager auprès de la population après des nuits marquées par la peur et les bombardements. Malgré l’épuisement, l’incertitude, les coupures d’électricité, le froid et leurs propres traumatismes, elles et ils continuent d’aider les personnes les plus vulnérables en les écoutant, en les soutenant et en leur rappelant qu’elles ne sont pas oubliées. Faire un don, c’est rendre leur travail possible.