Bas salaires, heures supplémentaires, pas de protection

Information sur les articles

China Labor Watch a enquêté sur les conditions de travail dans les usines d'électronique chinoises. Les heures supplémentaires excessives, le harcèlement sexuel et l'exploitation du personnel temporaire sont monnaie courante dans les usines de production d'Apple, HP, Lenovo et consorts. En Suisse, les enseignes de commerce de détail ne placent pas les marques d’électronique devant leur responsabilité et n'exigent pas de leur part une garantie des conditions de travail décentes et la transparence de la chaîne d'approvisionnement.

La nouvelle réalité du «gig manufacturing»

À la sortie de nouveaux appareils électroniques ainsi qu’à l’approche d’événements commerciaux mondiaux, les commandes dans les méga-usines connaissent de véritables pics. Ces dernières années, les usines engagent la plupart de leur personnel sur une base temporaire et à court terme,  ce que l’on appelle le « gig manufacturing ».

Lorsque les commandes diminuent le personnel est congédié. Selon la loi chinoise, le taux de personnel temporaire ne doit pas excéder les 10 % des travailleuses et des travailleurs, mais des usines comme Foxconn ou Pegatron, principales fournisseuses d’Apple, emploient plus de 70 % de leur main-d’oeuvre sur cette base. Les agences de recrutement proposent des primes élevées pour un temps de travail journalier et hebdomadaire exorbitant, plusieurs fois supérieur aux nombre d’heures supplémentaires autorisées par la loi chinoise.

Harcèlement moral et sexuel sur le lieu de travail 

Les salaires versés dans les usines sont si bas que le personnel ne peut pas en vivre sans effectuer des heures supplémentaires démesurées. Il est habituel de travailler au moins 250 heures par mois lors des pics de production, souvent sans disposer d’un seul jour de congé pendant des semaines. Les pauses de courte durée, la haute intensité du travail et les longues journées allant jusqu’à 14 heures poussent la main-d’œuvre au bord de l’épuisement. En outre, l’atmosphère de travail est marquée par le stress et les tensions. Insultes, affronts et punitions par les responsables hiérarchiques sont monnaie courante. Le harcèlement sexuel est largement répandu et reste généralement impuni.

Détaillant·e·s en Suisse : peu de responsabilité, manque de transparence

Nombre de ces abus contreviennent aux normes internationales et à la loi chinoise. Face à cette réalité, Solidar Suisse a voulu en savoir plus sur le degré de responsabilité et de transparence des plus célèbres détaillant·e·s suisses vis-à-vis des conditions de production des populaires gadgets technologiques de leur assortiment. D’une part, nous cherchions à déterminer les directives que Digitec Galaxus, Interdiscount et Brack imposent aux marques d’électronique en termes de conditions de travail et de transparence de la chaîne d’approvisionnement. D’autre part, nous nous sommes intéressé·e·s aux contrôle mis en place et les informations disponibles à ce sujet.

De nombreuses enseignes imposent certes des directives en matière de temps de travail, d’heures supplémentaires ou de protection de la santé ou d’autres critères, mais ces exigences sont généralement destinées aux fournisseur·euse·s, ce qui ne garantit pas une mise en œuvre cohérente tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Peu de transparence est par ailleurs demandée aux marques d’électronique quant à leur chaîne d’approvisionnement.

Aperçu : responsabilité et transparence chez les enseignes suisses de commerce de détail

Conclusion décevante : il est impossible de vérifier où et dans quelles conditions ont été fabriqués les appareils électroniques qui permettent aux marques d’amasser des milliards années après années et se vendent à un rythme effréné en Suisse notamment lors de la période de fin d’année. Solidar Suisse demande aux détaillant·e·s en Suisse de placer davantage les marques d’électronique devant leurs responsabilités et de faire de la transparence de la chaîne d’approvisionnement une condition préalable à l’intégration des produits dans leur assortiment.

Soutenez-nous dans cette démarche en signant notre pétition ***CK Friday.

Rapport sur l'électronique grand public

Découvrez un aperçu du quotidien des travailleuses et travailleurs des chaînes de montage des usines chinoises sous-traitantes d'Apple, Dell et d'autres marques d'électronique. Une partie de la recherche est également consacrée aux détaillant·e·s en électronique en Suisse comme Media Markt, Interdiscount ou Digitec Galaxus et cherche à savoir si les détaillant·e·s placent les marques d'électronique devant leurs responsabilités.

Campagne ***CK Friday

Engagez-vous à nos côtés contre la surconsommation autour de l'événement du Black Friday et pour des conditions de travail dignes dans le secteur de l'électronique.

En savoir plus

Information sur les articles

Retour en haut de page