La Journée internationale des droits des femmes nous rappelle qu'en 2026, l'égalité entre femmes et hommes est encore loin d'être acquise. Entre écarts salariaux, discriminations et violences, les droits des femmes restent menacés, en Suisse comme dans le monde. Solidar Suisse agit bien au-delà de cette date symbolique : nous nous engageons tout au long de l'année aux côtés des premières concernées pour porter leur voix et renforcer leurs droits.

Découvrez dans cet article cinq raisons de continuer à lutter pour que les droits des femmes deviennent enfin une réalité.

1. Pour que cesse la violence

Les violences à l’encontre des femmes ne sont pas des faits isolés, elles font partie du quotidien, relèvent de rapports de pouvoir et touchent toutes les sociétés. Violences domestiques, sexuelles, psychologiques ou économiques : leurs formes sont multiples et leurs conséquences tragiques. Selon les estimations d’ONU Femmesprès d’une femme sur trois dans le monde, soit environ 840 millions, a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.

Au Honduras, le taux de féminicides figure parmi les plus élevés d’Amérique centrale. D’après le Centro de los Derechos de la Mujer, 262 morts violentes de femmes et féminicides ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025. Dans 90 % des cas, l’auteur des faits n’est pas condamné. Aux côtés de son organisation partenaire, Foro de Mujeres por la Vida, Solidar Suisse s’engage sur place pour renforcer les organisations de femmes et lutter contre les violences basées sur le genre. L’objectif : soutenir les femmes afin qu’elles puissent déposer plainte, faire valoir leurs droits et obtenir justice.

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Au Honduras, Alexandra Kelly, du Foro de mujeres por la vida, organisation partenaire de Solidar Suisse, aide des femmes à porter plainte contre leurs agresseurs.

En Suisse, l’association Stop Féminicide a recensé 22 féminicides en 2025. Des chiffres alarmants, alors même que le Parlement envisageait, en décembre 2025, de réduire d’un million de francs les moyens alloués à la prévention de la violence basée sur le genre, avant de devoir faire marche arrière. Cinq féminicides ont déjà été enregistrés depuis le début de l’année 2026.

3. Pour un accès garanti à l’éducation

Si de grands progrès ont pu être réalisés en matière de scolarisation des filles, d’importantes inégalités persistent. Trop souvent, leur parcours scolaire dépend de la situation économique de leur famille. Les filles assument très jeunes le travail de soins, sont confrontées à des grossesses ou des mariages précoces et quittent l’école prématurément. Aujourd’hui, une fille sur quatre dans le monde est contrainte d’abandonner ses études avant d’avoir achevé le cycle secondaire.

En Bolivie, les jeunes peinent déjà à s’insérer sur le marché du travail, mais les jeunes femmes font face à de bien plus grands obstacles. Pour elles, l’accès à la formation et à l’emploi est souvent rendu plus difficile notamment en raison de grossesses précoces.  À Achocalla et Sacaba, Solidar Suisse soutient des jeunes femmes sans emploi ni revenus, dont beaucoup élèvent seules leurs enfants. Grâce à des formations pratiques, elles peuvent retrouver une place sur le marché du travail et envisager une activité indépendante, afin de construire un avenir tant pour elles-mêmes que pour leurs enfants.

En Suisse, en 2024, le Parlement a pourtant choisi de désengager progressivement la coopération internationale du domaine de l’éducation de base au profit d’autres axes stratégiques. Ce retrait représente un risque pour des milliers de filles dans les pays du Sud. Sans soutien, beaucoup d’entre elles pourraient être contraintes d’abandonner leur scolarité ou d’entrer sur trop tôt le marché du travail, perpétuant ainsi les inégalités.

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4. Parce que les femmes sont en première ligne

Les conflits armés, les catastrophes naturelles, les crises économiques aggravent les inégalités existantes et touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. En période de crise, les risques de violences augmentent, l’accès à l’éducation et aux soins recule, alors même que la charge familiale repose principalement sur leurs épaules. Les effets du changement climatique se font particulièrement sentir pour les femmes : selon ONU Femmes, 236 millions de femmes souffriront de la faim à cause du climat d’ici 2030, soit deux fois plus que les hommes.

Au Bangladesh, l’un des pays les plus affectés par le dérèglement climatique, les inondations et les cyclones déplacent chaque année des centaines de milliers de personnes. Lors de ces déplacements forcés, les femmes sont particulièrement exposées à la violence sexuelle, à l’exploitation et au travail précaire. En Ukraine, la guerre a contraint une grande partie de la population à quitter son foyer, notamment des femmes et des enfants. Ces dernières doivent alors assurer seules la survie de leur famille, tout en faisant face aux risques de violences et aux traumatismes psychologiques. Dans ces deux pays, Solidar Suisse collabore avec des organisations partenaires locales pour renforcer la protection des femmes et leur capacité à rebondir.

En Suisse, l’impact des crises se traduit par une dépendance économique accrue. L’inflation touche particulièrement les femmes, surreprésentées dans les emplois à bas revenus et les familles monoparentales. Elles sont davantage exposées à la hausse des coûts essentiels comme le logement, l’alimentation ou la garde des enfants.

5. Car un droit n’est jamais acquis

Partout dans le monde, des avancées en matière de droits humains peuvent être remises en cause du jour au lendemain sous l’effet de conflits, de crises économiques, de reculs politiques ou de courants idéologiques. En 2024, un pays sur quatre faisait état d’un recul des droits des femmes, et, depuis, les droits sexuels et l’accès à l’avortement ont encore régressé. Continuer à se mobiliser pour garantir ou renforcer les droits des femmes est essentiel, car dans de nombreux pays où nous intervenons, ces droits sont fragilisés par les crises qui s’aggravent, les attaques contre la société civile qui augmentent et les coupes en matière de coopération internationale qui s’accumulent.

En Suisse aussi, les débats récurrents sur l’égalité salariale, la prévention des violences ou le financement des politiques d’égalité montrent que ces droits doivent être défendus en permanence.

Luttons ensemble pour les droits des femmes

Solidar Suisse continue de s’engager sur le long terme, en Suisse et dans le monde, aux côtés de ses partenaires, pour renforcer les droits des femmes. Le 8 mars n’est pas une célébration : c’est un rappel essentiel que les droits des femmes sont des droits humains qui doivent être garantis ici comme ailleurs.

Vous continuez vous aussi à lutter pour les droits des femmes dans le monde entier? Rejoignez-nous et devenez membre de Solidar Suisse dès aujourd’hui !

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